De nombreux boxeurs, professionnels ou amateurs ressentent régulièrement des douleurs cervicales. Les traumatismes répétés sur cette région du corps peuvent provoquer une gêne quotidienne pouvant entraîner maux de tête, douleurs cervicales et musculaires (trapèzes) ainsi que des irradiations dans les bras. Voici quelques explications…

Comment nos cervicales fonctionnent-elles et que se passe-t-il lors d’un impact violent ?

Nous avons 7 vertèbres cervicales empilées les unes sur les autres. A chaque étage vertébral, deux petites articulations postérieures sont entourées de muscles et de ligaments. Ces articulations ont un rôle très important.

photo d'anatomie ostéo-articulaire de la colonne vertébrale cervicale vu de dos qui montre la sortie des nerfs et les processus articulaires à l'origine des douleurs cervicales en cas d'impact par coup de poing ou direct de boxe

Lorsque nous tournons la tête sur le côté, c’est l’association des mobilités de chaque étage vertébral qui permet d’obtenir une amplitude importante de rotation globale.

Ces petites articulations doivent pouvoir bouger de manière souple. Les muscles et ligaments situés autours doivent être relâchés pour assurer un fonctionnement correct.

Lorsqu’un boxeur reçoit un coup violent, sa tête tourne brutalement. Les cervicales subissent alors une rotation brusque, rapide et pas toujours bien tolérée. Il en résulte une crispation musculaire et articulaire sur une zone bien établie. Le coup n’est donc pas directement porté sur les cervicales mais ces dernières en subissent les conséquences. On parle de traumatisme indirect.

Les tensions peuvent perdurer pendant plusieurs semaines voir plusieurs mois et provoquer des irradiations douloureuses à distance (tête, épaule, dos, bras, main).

En effet, à chaque étage vertébral émerge une racine nerveuse. Cette racine nerveuse correspondant à l’origine des nerfs destinés aux membres supérieurs.

Vous l’aurez compris, un traumatisme indirect sur les cervicales peut provoquer des dysfonctionnements et des douleurs importantes localement ou à distance.

Exemples de symptômes résultants de dysfonctionnements cervicaux

Des dysfonctionnements cervicaux haut (4 premières vertèbres cervicales) peuvent provoquer :

  • Des douleurs à la base du crâne.
  • Des maux de tête, en particulier sur un seul côté du crâne.
  • Des douleurs au niveau du front et/ou du sourcil (souvent d’un seul côté).
  • Des troubles du larmoiement de l’œil (sécheresse de l’œil).
  • Des douleurs irradiantes vers la mâchoire.
  • Des difficultés à tourner la tête.
  • Des difficultés à rester longtemps en position assise (ordinateur, conduite…)

Des dysfonctionnements cervicaux bas (3 dernières vertèbres cervicales) peuvent provoquer :

  • Des douleurs dans les épaules et trapèzes.
  • Des douleurs irradiantes vers l’omoplate.
  • Des douleurs irradiantes dans le bras, les mains, les doigts (souvent sur un ou deux doigts en particulier).
  • Une sensation étrange d’avoir le bout des doigts en « coton ».
  • Des picotements ou fourmillements dans le bras, les mains, les doigts.

Quels que soient les symptômes, ils semblent être aggravés si la tête est penchée en avant de façon prolongée pour consulter un smartphone ou pour lire par exemple. Ils ont tendance à diminuer si les muscles sont au repos (position couché sur le dos).

Comment limiter l’apparition de douleurs ?

photo d'un jeune homme sportif qui se masse la tempe à cause des douleurs cervicales liés aux combats et entrainements de boxe

Pour prévenir l’apparition de dysfonctionnements, plusieurs conseils peuvent être donnés.

Premièrement, le renforcement spécifique des muscles du cou permettra un meilleur maintien des vertèbres cervicales. Les chocs encaissés seront mieux tolérés.

Ensuite, la gestion de l’intensité des entrainements/combats doit être repensée avec l’entraîneur. En effet, après avoir subi des traumatismes répétés (ou un traumatisme important), le corps a besoin de repos. Vous devez laisser à votre corps le temps de récupération nécessaire pour pouvoir encaisser à nouveau d’autres combats. Malheureusement, cette gestion n’est pas toujours bien reçue dans le monde de la boxe. Mais contrairement à ce que l’on peut parfois entendre, ce n’est pas en encaissant de plus en plus qu’on devient de plus en plus fort et résistant. Avec ce type de pratique, vous multipliez les chances de ne plus pouvoir pratiquer du tout pendant plusieurs mois. Adopter une gestion intelligente peut simplement consister à faire moins de combats hors compétition ou bien refuser de se rendre à une compétition. Pensez long terme plutôt que court terme !

Aussi, pour limiter le risque de douleurs, il est conseillé d’être suivi de manière régulière par un thérapeute spécialisé (kiné, ostéopathe, chiropracteur…). N’attendez pas que les douleurs soient fortement installées pour consulter. La pratique régulière d’un sport sollicite fortement le corps. La boxe est, en l’occurrence, un sport particulièrement traumatique qui justifie d’un suivi régulier.

Enfin, la mise en place d’un programme de mouvements spécifiques à pratiquer régulièrement apportera également une réelle amélioration. Demandez conseil auprès de votre kinésithérapeute.