La chirurgie est un traitement fréquent des cancers ORL. Elle est proposée seule ou en association avec la radiothérapie voire la chimiothérapie.

Quelles sont les recommandations à suivre pour un meilleur rétablissement post opératoire ? Notre kinésithérapeute spécialisé vous indique la marche à suivre.

La chirurgie liée à un cancer ORL

La chirurgie consiste habituellement en l’ablation de la tumeur et des ganglions du cou de façon uni ou bilatérale (curage ganglionnaire). Les deux sont réalisées au cours d’une seule et même intervention.

Selon sa localisation, la tumeur peut être retirée par voie externe (cicatrice cervicale) ou bien en passant par la bouche. La zone, selon les situations, peut être laissée en cicatrisation dirigée, ou bien nécessiter une reconstruction, avec un lambeau, effectuée dans le même temps opératoire. Un lambeau local peut être utilisé (lambeau de joue, de peau du cou…).
Dans certaines situations, un greffon de tissu est prélevé ailleurs sur le patient (peau de l’avant-bras, de la cuisse ou os de la jambe (péroné)), avec artère et veines pour rendre cette greffe viable et faciliter la cicatrisation.

Ces gestes concernant le cou, la gorge et la bouche nécessitent souvent le recours à une trachéotomie et une sonde nasogastrique le temps de la cicatrisation post-opératoire et de la rééducation.

L’importance de la motivation 

Soyez persuadé d’une chose : 80% de votre bien être est la résultante de 20% de vos actions ! 

Plus vos actions seront précises et focalisées, meilleurs seront les résultats ! 

Le plus important ? La régularité. Répétez quotidiennement de petits exercices pour optimiser votre rétablissement.

En respectant bien ce « protocole », votre cicatrice va s’affiner et devenir plus « tendre » au fil du temps.

L’alimentation

Optez pour une alimentation équilibrée après l’opération. Faites attention aux produits ayant des propriétés de rétention d’eau. A l’inverse, préférez les aliments à propriétés diurétiques. 

Ne bouleversez pas totalement votre régime alimentaire pour autant. Documentez-vous simplement sur les bienfaits des plantes, des fruits, des légumes etc.

Soins : nos conseils 

Le froid

Glaçez la zone cicatricielle pendant 5 à 10 minutes MAXIMUM toutes les heures.

Vous obtiendrez des résultats aussi intéressants en glaçant la zone opérée pour créer un choc thermique toutes les heures pendant 5 minutes plutôt que de mettre de la glace 4 fois 30 minutes par jour !

La cicatrice

Commencez à bouger votre cicatrice le plus tôt possible. Dites-vous que votre cicatrice est comme un iceberg. Il y a la partie visible à l’extérieur et l’autre partie à l’intérieur. Votre cicatrice sera plus « belle » et « invisible » à l’extérieur si vous la travaillez de l’intérieur. 

Plus la cicatrice est grande, plus elle va avoir une action sur les tissus aux alentours. 

Procédez par étape : attendez que tous les points de votre chirurgie soient tombés pour commencer à faire bouger votre cicatrice. 

1ère étape (sur 5 jours) : effleurez votre cicatrice et toute la zone alentour pendant 1 minute, 2 fois par jour. Vous allez ainsi apprendre à la connaître et vous remarquerez que certaines zones sont plus dures que d’autres. 

2ème étape (sur 5 jours) : exercez de petites pressions toujours pendant 1 minute, 2 fois par jour en insistant sur les zones plus denses, de manière à les ramollir. 

3ème étape (sur 5 jours) : pincez (doucement) la cicatrice pour la « décoller » perpendiculairement et longitudinalement (dans le sens de la cicatrice). 

4ème étape : appliquez une crème hydratante NEUTRE et répétez les 3 techniques vues auparavant pendant 3 minutes, 2 fois par jour. 

Pendant la radiothérapie

Les rayons peuvent être comparés à un “méga coup de soleil” perpétuel avec une action ultra longue (au moins 1 an !).
Continuez d’hydrater de manière irréprochable la zone cicatricielle. Appliquez une crème grasse pour « limiter » les effets des rayons (cicaplast etc).

Pendant la chimiothérapie

Les composants d’une chimio ont pour but de tuer les cellules cancéreuses. Ceci a pour conséquence de produire des amas de déchets cellulaires. Le système de filtration et d’évacuation de ces déchets se doit d’être ULTRA OPÉRATIONNEL. 

L’hydratation de votre organisme doit donc être irréprochable (on dit que votre corps a besoin, en temps normal, de 50mL d’eau/jour/kilo. Par exemple, si vous pesez 60kg, 3L d’eau seront nécessaires. 

On estime que votre corps puise de l’eau contenue naturellement dans votre alimentation (environ 1L). Vous devrez donc boire au moins 2L d’eau pour ne pas être en restriction hydrique.

Continuez également le travail de la cicatrice et appliquez la glace régulièrement si vous sentez que la région est plus chaude que le reste de votre thorax.

Les exercices

Prononcez le mot CHOU et la lettre « X » 

20 répétitions toutes les heures

L’exercice du piston

Placez votre langue au niveau du palais et appuyez dessus doucement, répétez 20 fois toutes les heures.

Étirement du fascia cervical antérieur et progression 

Placez vos mains sur le sternum pour le « fixer » vers le bas puis réalisez une extension cervicale (regardez le plafond).

Répétez le mouvement jusqu’à ce que cela ne tire plus au niveau des cicatrices (gorge).

Si ça ne tire pas, rajoutez un paramètre quand vous avez la tête en haut : la propulsion mandibulaire (amenez les dents du bas en avant des dents du haut) ou alors tirez la langue vers le plafond.

Si vous ne sentez toujours pas l’étirement, regardez le plafond et essayez d’avaler votre salive !

Tirez la langue

Sortez la langue de votre bouche et pointez-la vers le nez, vers l’œil droit, l’œil gauche, à gauche, à droite mais aussi vers le bas (menton).

Concernant tous ces exercices, allez-y doucement et progressivement ! Tentez d’enchaîner 3 à 5 fois les exercices précédents. 

Si vous ressentez la moindre fatigue, reposez-vous quelques instants avant de continuer. 

Bon courage et bon rétablissement 

Marty kiné spécialisé en rééducation maxillo-faciale.