L’entorse de cheville est l’une des blessures les plus répandues au basketball. Les blessures les plus graves peuvent vous écarter des terrains pendant de longs mois. Comment font les joueurs professionnels pour prévenir ces entorses ? Quelles sont les techniques utilisées par les préparateurs physiques et les kinés ? Sont-elles efficaces ?

Sur quels principes repose la proprioception ?

photo d'un cerveau qui flotte entre deux mains et illustre l'importance des connexions neuronales dans la stabilité et les systèmes de protection reflexes de la cheville et d'autres articulations particulièrement impactées par les risques d'entorses

Sans même regarder, nous sommes capables de connaître la position de nos membres dans l’espace. Nous savons aussi dire si celui-ci est en train de bouger et à quelle vitesse. Cela est rendu possible grâce à la proprioception !
Par définition, la proprioception correspond à la perception que nous avons de notre corps dans l’espace.
Il existe une multitude de capteurs dans les muscles, tendons, articulations, peau, dans l’oreille interne renseignant sur le positionnement (statesthésie) et le mouvement (kinésthésie).

Pour qu’un mouvement soit effectué correctement, l’information nerveuse envoyée depuis le cerveau doit être précise. Au cours du mouvement, le cerveau adapte sa commande motrice en fonction des informations perçues depuis les capteurs sensitifs pour rendre ce geste plus précis.
Plus le geste est lent, plus il sera précis.

En sport et en particulier en basket, les gestes doivent être rapides et précis. Améliorer la proprioception va donc permettre de gagner en précision. Mais pas seulement !

La proprioception va également permettre de limiter les blessures. Si le mouvement ne se déroule pas comme prévu (ex : le joueur va sous le panier pour shooter et se fait bousculer par le joueur adverse), les muscles situés autours de la cheville devront être suffisamment toniques et attentifs pour stabiliser l’articulation si la cheville venait à tourner brusquement.

Entrainer sa cheville à ce genre de situation permet donc de limiter le risque de blessures.

L’objectif est d’obtenir une articulation tonique et stable !

Quels exercices ?

photo d'un kinésithérapeute durant une séance de rééducation qui fait travailler la stabilité de la cheville d'un joueur de basketball avec un exercice de rééducation spécifique au traitement des entorse de chevilles
  • Equilibre sur un plan instable
  • Gainage dynamique
  • Sauts dynamiques
  • Sauts dynamiques avec déséquilibres
  • Variation des vitesses de mouvements
  • Exercices yeux fermés/yeux ouverts
  • Footing et exercices spécifiques sur terrain accidenté

N’hésitez pas à réaliser ces exercices en préfatigue musculaire. Votre corps doit être capable de maintenir une stabilité articulaire même dans des situations de fatigue importante.

Exemple : Enchaîner 15 squats and jump suivi d’un exercice spécifique de proprioception du genou.

Efficacité d’un entraînement régulier en proprioception

Depuis de nombreuses années, les scientifiques étudient la proprioception et son intérêt dans la prévention des blessures.

Les coachs sportifs, préparateurs physiques et kinésithérapeutes intègrent ce type d’exercices proprioceptifs dans le cadre d’entraînement de sportifs pro.

Un entraînement proprioceptif régulier combiné à l’entraînement sportif classique permet de limiter le risque de blessure. Dans le cas d’une entorse par exemple, si le joueur a suivi un entraînement spécifique adéquat, la cheville pourrait se tordre en cas de contact ou mauvaise réception mais les muscles situés autours la protègeront suffisamment pour éviter une lésion et un gonflement trop importants.

On ne le répète jamais assez : mieux vaut prévenir que guérir !

Une idée reçue et répandue laisse penser que la musculation pure (musculation analytique sur machine en salle de sport) renforce le corps et évite les blessures. En réalité, notre organisme est plus complexe que cela. Les muscles et le système nerveux (cerveau, connexions de neurones) sont intimement liés et doivent communiquer efficacement dans un sens comme dans l’autre ! Le traitement, la qualité et la vitesse de transmission des informations doivent être optimisés pour améliorer la qualité du geste.

Notre corps se comporte comme un ordinateur qui fonctionnerait plus ou moins bien. L’entraînement vous permet de transformer un vieux processeur en un processeur dernier cri !