La cervicalgie chronique

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1/ Définition

La cervicalgie, qu’est-ce que c’est ?

On parle de cervicalgie lorsque des douleurs se font sentir dans la région cervicale (la nuque). Ces douleurs s’accompagnent souvent d’irradiations dans le haut du dos, sur le dessus des épaules et dans les bras.

On distingue deux catégories de cervicalgies :

  • Les cervicalgies « non spécifiques »
  • Les cervicalgies « secondaires »

Les cervicalgies « non spécifiques » ont pour origine une affection d’un des composants de la colonne cervicale (articulation, disque intervertébral, ligament, muscle, etc.).

Les cervicalgies « secondaires » sont elles liées aux répercussion d’autres pathologies dont les douleurs irradient jusque dans le cou. Il peut s’agir de tumeurs, polytraumatismes, polyarthrites rhumatoïdes, d’atteintes viscérales, etc.

Enfin, on ajoute le terme « chronique » lorsque les souffrances sont installées depuis plus de 6 mois.

Quelle est la différence entre cervicalgie et torticolis ?

La cervicalgie regroupe toutes les douleurs du cou. Le torticolis en fait parti, mais il présente quelques particularités.

Ses douleurs sont vives, locales et surviennent le plus souvent brutalement (cas du « faux mouvement »). Contrairement aux autres cervicalgies, elles sont toujours causées par des « contractures musculaires », et disparaissent relativement rapidement avec le temps et le repos.

A contrario, les douleurs de la cervicalgie ne s’estompent pas avec le temps. Elles fluctuent selon les jours, les activités et les postures mais restent toujours omniprésentes. Elles vous indiquent qu’une structure de la colonne est irritée et nécessite une prise en charge médicale.

La kinésithérapie est l’un des traitements les plus approprié pour soigner ce type de douleur.

étude : www.thelancet.com

Une cervicalgie peut-elle donner des fourmillements dans les doigts ?

Si des fourmillements sont ressentis dans les doigts, on parle alors plutôt de névralgie cervico-brachiale.

Dans ce cas, c’est l’irritation d’un nerf qui provoque les symptômes (fourmillement, engourdissement, coup d’électricité, etc.).

Qui est touché par la cervicalgie ?

On estime que 10% de la population souffre du cou chaque année. Cette pathologie, assez fréquente, touche sans distinction les sportifs, les sédentaires, les hommes et les femmes.

Avoir des douleurs cervicales de manière passagère est quelque chose de « normal ». Ce n’est en aucun cas une fatalité !

Ne vous laissez pas envahir par l’inquiétude des premiers symptômes, de nombreux solutions existent.

Les récentes études semblent montrer que la rééducation et la reprise progressive du sport sont les traitements les plus efficaces.

Quels mouvements faut-il éviter ?

La colonne vertébrale est une structure solide, mobile et stable. Elle est conçue pour bouger dans toutes les directions sans distinction. 

Cependant certaines postures, maintenues de manière prolongée, peuvent favoriser l’apparition de douleurs. D’autres facteurs peuvent également jouer en votre défaveur : manque de force ou de souplesse, stress et anxiété. 

2/ Explications

Pourquoi les douleurs apparaissent-elles ?

Les douleurs cervicales surviennent lorsqu’une structure de la colonne est irritée et s’inflamme.

Cela peut être dû à un surmenage, au maintien d’une mauvaise posture ou à un manque de souplesse. Il s’agit souvent du disque intervertébral (pincement ou hernie discale), mais l’inflammation peut également toucher les muscles (contracture), les ligaments (entorse) ou les articulations (arthrose).

Les lésions apparaissent quand le cou est sollicité de manière inadaptée ou trop brutale en fonction de sa physiologie et de sa condition physique.

Nous savons aujourd’hui que des programmes d’assouplissements, de renforcement du cou et de correction posturale ont prouvé leur efficacité en réduisant rapidement les irradiations et les douleurs.

Pourquoi la cervicalgie devient-elle chronique ?

Les douleurs deviennent chroniques lorsque les structures en souffrance peinent à cicatriser correctement.

Les paramètres généralement mis en cause sont :

  • Le manque de condition physique, notamment le déconditionnement des muscles profonds du cou.
  • La raideur cervicale (souvent en extension)
  • La posture enroulée

En effet la nuque supporte en permanence le poids de la tête. Or celle-ci est sans cesse soumise aux contraintes de la pesanteur. Si la position que vous privilégiez le plus souvent dans la journée place la tête en flexion (en avant des épaules), alors les muscles situés en arrière se fatiguent et souffrent.

Vous risquez, à terme, d’installer des tensions musculaires et des lésions

Notre conseil : Pour éviter que les douleurs ne persistent trop longtemps, n’attendez pas pour prendre rendez-vous avec un kinésithérapeute et pour commencer vos mouvements de rééducation à la maison !

Pourquoi passer une radiographie ou une IRM ?

Ces examens complémentaires permettent d’en savoir davantage sur les causes possibles de douleurs.

  • La radiographie montre l’état du cartilage, des disques intervertébraux et des vertèbres. Elle permet de savoir s’il y a ou non présence d’arthrose, d’un pincement discal ou d’une fracture osseuse. 

Elle peut être demandée après un traumatisme ou un « coup du lapin » pour éliminer toute suspicion de fracture.  

  • L’IRM et le scanner sont utilisés pour observer de manière plus précise l’état des ligaments, des racines nerveuses et des disques intervertébraux. Ils permettent notamment de savoir s’il y a, ou non, une hernie discale et d’en connaître la localisation et l’importance. 

Rappelons qu’un grand nombre d’hernies discales ne provoquent pas de douleurs ! Il en est de même pour l’arthrose… Les douleurs surviennent seulement lorsqu’un élément de la colonne s’irrite et s’inflamme.

Notre conseil : Faites analyser vos résultats d’imagerie par un professionnel de santé compétent avant de tirer toute conclusion.

Qu’est-ce qu’une hernie discale ?

La colonne cervicale se compose de 7 vertèbres osseuses superposées et séparées les unes des autres par des disques intervertébraux. Ce sont ces disques qui jouent le rôle d’amortisseur entre les vertêbres. Ils évitent ainsi qu’elles ne s’impactent entre elles et ne s’abîment.

La structure interne de ces disques se compose de nombreux anneaux articulés autour d’un noyau plus dense en son centre. 

On parle de protrusion ou d’hernie discale lorsque le noyau a déformé voire complètement perforé les couches du disque intervertébral. On sait maintenant que celles-ci sont dues à une usure naturelle du corps liée à l’âge et aux contraintes.

D’ailleurs, plus d’une personne sur trois présenteraient une hernie discale à l’IRM sans ressentir pour autant de douleurs. Retenez donc qu’une hernie n’est pas obligatoirement grave ou douloureuse !

Schématiquement, il existe 2 cas de figures :

  • Si l’hernie discale ne comprime pas de nerf, elle peut tout à fait passer inaperçue et rester asymptomatique.
  • Dans le cas où elle irrite le nerf, il peut alors s’inflammer, et provoquer des douleurs locales et à distance, selon sa zone d’innervation. On peut donc retrouver des douleurs au niveau du cou, du haut du dos, de l’épaule, du bras ou de la main.

Qu’appelle-t-on “arthrose cervicale” ?

L’arthrose correspond à l’usure du cartilage d’une articulation. Si elle est importante, elle peut créer de petites ossifications autour de l’articulation (ostéophytes) et ainsi entraver le passage du nerf provoquant ainsi une irritation.

L’arthrose cervicale n’est pas obligatoirement source de douleur

En cas d’hernie discale, est-il possible de se soigner sans se faire opérer ? 

Bien sûr. La rééducation est aujourd’hui décrite comme étant le traitement le plus approprié pour résoudre les problèmes cervicaux. 

Ensuite, le relais sera pris par la pratique d’une activité physique régulière qui vous permettra de maintenir les résultats et d’éviter les récidives. 

Des mouvements de rééducation peuvent être pratiqués à la maison et sont d’ailleurs très efficaces dans le traitement des hernies discales. Ils participent à réduire la compression du nerf et à faire disparaître progressivement et durablement les irradiations et les douleurs !

Parmi eux vous trouverez, notamment :

  • des assouplissements de la nuque en rétraction, en extension
  • et des exercices de renforcements musculaires spécifiques aux cervicales  
  • des exercices posturaux de proprioception

Certaines études montrent même que ces mouvements sont efficaces dans plus de 80% des cas

Une fois guéri, les douleurs peuvent-elles revenir ? 

L’objectif de la rééducation est de vous faire retrouver un cou fonctionnel, indolore et parfaitement mobile.

Seulement, certaines études notent une récidive dans un cas sur deux au cours des 5 années suivant un épisode douloureux intense. 

Mais elles montrent également que le maintien de la force et de la souplesse réduisent considérablement ces risques ! 

Il est donc vivement conseillé de pratiquer une activité physique régulière et de reprendre la rééducation rapidement si les douleurs apparaissent à nouveau.

3/ Durée du traitement

Combien de temps va prendre mon rétablissement ?

Les cervicalgies chroniques et les névralgies cervico-brachiale nécessitent impérativement une prise en charge complète des cervicales et des épaules

Selon l’importance des lésions, de votre implication dans la rééducation et des facteurs de stress et d’anxiété, les douleurs peuvent mettre plus ou moins longtemps à disparaître… 

Cependant, la grande majorité des personnes qui suivent rigoureusement un protocole de soins adaptés (rééducation, relaxation, reconditionnement à l’effort) voient la situation s’améliorer sous 1 à 3 mois.

L’état de stress a-t-il une influence sur les douleurs et les tensions cervicales ?

Effectivement, les douleurs du cou sont fortement impactées par les facteurs de stress, d’anxiété et de dépression… 

Pour que l’efficacité de votre traitement soit optimisée, il peut donc être judicieux de travailler sur « l’ancrage émotionnel » de vos douleurs, via des exercices de relaxation, d’auto-hypnose ou de méditation

Toutes ces techniques sont fortement référencées dans les études et ont désormais largement prouvé leur efficacité.

4/ Que faire ?

Améliorer sa posture

La posture a un impact considérable sur les douleurs du cou et des épaules. Le maintien prolongé d’une position enroulée chez des personnes cervicalgiques augmente systématiquement les douleurs et les diffusent dans les épaules et les bras. 

A l’inverse la correction posturale et les mouvements d’extension et de rétraction cervicale diminuent les douleurs ! 

Il est donc indispensable de corriger votre posture pour améliorer votre état durablement et repousser les épisodes de cervicalgie. 

Les programmes de rééducation vous apprendront à tonifier intelligemment vos muscles du dos et à vous redresser sans que vous n’ayez à y penser.

Faut-il porter une minerve ?

La minerve immobilise le cou. Elle soulage ainsi les muscles d’une partie de leur contraction en les plaçant au repos. Elle peut donc être intéressante en cas de douleurs intenses (cervicalgie aiguë).

Cependant, ne la portez pas trop fréquemment et trop longtemps. C’est grâce au mouvement que le cou pourra cicatriser et retrouver son intégrité. 

Il est conseillé de ne pas porter de collier cervical plus de 3 jours pour éviter de rentrer dans un cercle vicieux. 

Notre conseil : si les douleurs sont intenses alternez séance de repos et séance de mouvements doux. Retirez la minerve toutes les heures pour exercer progressivement vos muscles à reprendre leur fonction de maintien cervical.

Faut-il changer d’oreiller ?

Si vous vous réveillez chaque matin avec des douleurs, votre oreiller n’est peut être pas adapté. 

Voici quelques conseils ergonomiques : 

  • Premièrement, votre oreiller ne doit pas être trop volumineux. En effet, la nuque est ainsi placée en flexion et les muscles cervicaux sont étirés. Ceci est tout à fait supportable à court terme, mais devenir problématique sur le long terme. Il s’agit là d’une erreur fréquente responsable d’un grand nombre de douleurs nocturnes.
  • Deuxièmement, veillez à positionner l’oreiller de manière à soutenir à la fois votre tête et votre nuque. Si celle-ci ne se repose pas confortablement sur le coussin, alors ces muscles auront tendance à rester légèrement contractés durant la nuit. Vous pourrez alors ressentir des tensions musculaires au réveil. 
  • Enfin, il existe des oreillers de type ergonomique qui peuvent également être efficaces dans certains cas.  

Faut-il avoir recours à une infiltration ?

Lorsque l’intensité des douleurs est un frein à votre rééducation, l’infiltration est parfois un bon moyen de rendre la situation plus confortable. Cette injection est réalisée directement au niveau de la structure lésée et lui permet ainsi d’être rapidement soulagée. 

Au niveau cervical, son intérêt est parfois discuté.

Dois-je faire une séance d’ostéopathie ou de kinésithérapie ?

Dans un grand nombre de cas, l’ostéopathie peut vous soulager. Sachez cependant que certains ostéopathes réalisent des manipulations mécaniques. Or, celles-ci peuvent être contre-indiquées dans certains cas de cervicalgies.

N’hésitez pas à demander conseil à votre médecin ou votre kinésithérapeute.

Dans tous les cas, votre colonne cervicale nécessite un traitement de fond pour guérir. Des séances de kinésithérapie peuvent être nécessaires. Les programmes de rééducation comprenant des exercices posturaux, des assouplissements et des exercices de renforcement constituent les traitements les plus appropriés. 

En conclusion, ces deux thérapies peuvent être complémentaires. En combinant les deux, vous accélérerez ainsi votre récupération.

REFERENCES / SOURCES :

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Publié par
Charlène Guillaume
Tags: cervicales